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C'est que i a monda!
Sur le rideau noir, les trois de l'affiche se trémoussent en fluo
sur son 31 et sous la bruine la queue fait la queue aux guichets. Des pancartes
"Je cherche une place" se
dressent, ça
me rappelle les Japonais pendant la Coupe du Monde.
-Çà
va ?
-Pòt anar...
En effet ça
Halle bien. Sur chaque siège une Newsletter attend ses yeux, la
famille est venue en famille, les esquimaux au chocolat et caramels mous
ont du succès. En fond sonore le C D de Fréddy, un de ces
grands papy cubain, raconte et rêve aux lucionès son île
aux son du Son, Quadrille, Boléro et tout le monde danse.
-C'est un vieux disque,
le seul qu'il ai fait, un introuvable retrouvé... §§§§
à Télérama !
Installé devant
la rangée de derrière, à la console, debout, je gène.
Mon voisin fait tomber de la glace sur sa veste, le premier rang préside,
Alicia romèga totjorns. Elle n'est jamais contente et veut contenter
tout le monde, en plus de ses copains qui n'ont pas pu rentrer parce que
c'est complet, donc pour elle trop petit.
-Je vous rappelle
qu'il est toujours interdit de fumer, de brancher les portables et bien
sur les photos...
-... Jean Jacques...
-Hé, avant
j'étais hôtesse de l'air !
A ce sujet, galère
pour Laurent de Wilde, le fly caisse de son Fender est arrivé explosé
à Blanhac. Les boules! Donc il n'est pas là, mais quelques
uns essayent de le voir, c'est annoncé dans la News...
Donc Compay.
-Siu vengut a Tolosa
jogar la musica tradicionada cubana, dansas...
Coiffé d'un
Panama, Segundo lance le bal. Salvador Repilado installe la Grand mère,
Benito Suarez guitare à la classique, Hugo Gerzon aux maracas, la
salsa prend vite, les bravos font rythmer les mains, le temps de lui régler
le micro à hauteur, et Compay envoie sa voix profonde et les sons
entre Tres et Flamme de son armonico génialement désaccordé.
Et vas y que j'ajoute le swing rural des maracas, bon, comme il est un
peu dur de la feuille, à 93 ans comment vous serez vous, il demande
qu'on lui monte les retours, les consoles sont au taquet, comme tous les
vieux bluesmen, il est roots le papy, il est là pour rigoler avec
nous, authentique, on le suit sur son camin per anar à la festa
al vilatge.
Bon, sauf qu'on est
dans les lustres de Plasson, mais quand m'aime avec Compay cette vielle
halle retrouve la poussière d'avoine, Segundo en Trovador s'invente
nos images, François à ressorti son vieil Olympus, à
défaut de danser on tape des mains, au début. Boléros
endiablés, Sons, Charleston brodé, joueurs de havane, jouteurs,
ils nous le jouent en deux sets a fond les ballons, entraînant, enjouant,
en chantant, invitant Omara Portuondo, présente aussi sur le disque,
mais qui fit que de brèves apparitions si on ôte le final
où la, n'en tenant plus, la salle se lève et danse, comme
ça se fait dans tous les bals sous les halles. Pas fou le papy,
un sacré cabotin, grand comédien, à la Raimu, il nous
fait le sketch de "l'oublie de la guitare", en profite pour nous expliquer,
cette sonorité si particulière, croiseuse de folklores. Mi,
Si, Sol, et l'octave si suffit. C'est beau une Halle aux Grains qui danse.
-Statut quo !
Le papy et ses fils
ont la dalle, rencontrent le cassoulet et le canard fermier de la Table
d'Aline, le Vin de Fronton, Dédé, Raymond et la Belette qui
leur ont appris sul pic le répertoire folklorique commingeois, Omar
et son baroudeur, le sourire de Zelda et Négus. Tiens j'ai faillit
l'oublier.
-Le son !!! Jimi et
Compay se connaissaient bien... Il s'accroche aux branches, il est solide,
demain il est à Strasbourg, il vient de se taper Berlin, Munich,
Cologne, ça fait plus de dix jours qu'ils sont parti...
-Alors, où
tu en es ?
- J'ai vu Eric Pailhé
ce soir au vernissage des Polartorrides, on
a parlé de la soirée du 22 à Saint Gaudens avec Noël
Akchoté. T'as vu Improjazz ! Il y a un compte rendu d'Uzeste. Martin
écrit que le Moulijulienne Collectif , entre Sunny Murray et Evan Parker
s'est hissé au niveau, " ...à l'unisson des événements
secouants de cette Nuit Eurofree". Je suis de plus en plus sur de la piste du
Tigre. Il en sait plus qu'il n'en dit.
Jacme Gaudàs