Mercredi 20 octobre 99.

Dur la pédagogie.

La musique à l'école es encara sul trepador. La flûte à bec fait toujours ses ravages dans les têtes des mômes, apprendre les notes, se taper au clair de la lune alors que le rythme rappe dans toutes les coursives de France et de Navarre, quand on est en CP, CE1, CE2, l'éveil par le jeu est tellement mieux... Donc nous sommes à Bellefontaine, à l'école Paul Dottin 2 où Guy Ould-Yaoui officie comme directeur. Guy c'est comme l'Instit de l'A 2, un grand frère, musicien, batteur de Jazz, un bon ! Alors il ouvre les portes de son école, la circonstance est trop belle, quelques Masters d'ici et d'ailleurs viennent rencontrer Kader, Omar, Karim, Sonia, Mohamed, Leila, Juliette, Hakim... et leurs Maîtresses. Dans la salle qui sert aussi au sport, à l'initiation au multimédia, CUIVRE. TROMBONE. COULISSE, PAVILLON, EMBOUCHURE sont écrits sur le tableau vert. Une équipe de vidéastes est sur pied, en tournage, Glenn fait jouer los pichons de la bouche, plplplplpleeeuuuu... Explique la colonne d'air, tous sont attentifs. "C'est moi la machine... je souffle l'air, fais de la vibration dans l'embouchure... et l'air fait le son du trombone. Je peux jouer très grave et très aigu... ce sont des notes de musique..."

Annick explique qu'il faut développer les muscles des joues, des lèvres et de la langue...
"Si tu veux courir c'est les jambes... La coulisse c'est 7 positions, après c'est fini, tu peux jouer toutes les notes..."

Il se lance dans un thème simple et très rythmique. Les enfants l'accompagnent des mains et nous voilà embarqués dans une musique de dessin animé, les mômes ont vite compris la richesse des sons de ce pavillon, de cet instrument prolongeant la voix humaine. Hakim est le roi de la jungle, "Est-ce que l'air va vite quand tu souffles ? Glenn lui répond par le barrissement de son ami l'éléphant. Rita n'est pas en reste," Est-ce que tu peux faire l'avion ?" La réaction est immédiate. "Une moto !", Une panthère Noire..." Cela devient intéressant. A livres ouverts tous veulent entendre.

"Oui, mais c'est d'abord un instrument de musique, Glenn Ferris va jouer une balade..." Aï ! Annick a parlé, la chute est brutale, c'est plus la jungle. "Cela ressemble à de la musique classique...". Et Annick joue la professeur, l'histoire du trombone et de son aïeul le Saqueboute, son intrusion dans le jazz au 20eme siècle, comment Gleen a commencé à 7 ans et demi, avec son oncle, joueur de hautbois. Le déclic, je veux être tromboniste. La suite c'est Don Ellis, Frank Zappa... Magid la zappe. "C'est la première fois que tu viens dans une école ?", Karima enchaîne, "Comment tu es devenu célèbre dans le jazz ?" "Tu joues du Piano !" "Tu aimes le rap ?" Le jeu est repris, avec son accent américain, l'écoute est majeure. Il leur explique, instrument en bouches, les possibilités de dialogue, de tchache du trombone. Utilisant la sourdine, lo Ferris se balade entre les joueurs, ils sont dans le film animé, le scat rappelle qu'il était là avant. Omar a les yeux qui pétillent, "Mon père est musicien, il joue du violon..."

Bon, la suite c'est demain chez Nougaro, tous vont assister à la balance de la rencontre entre leur copain Glenn et le pianiste Felip Léogé. Certains même resteront à la première "Une Heure avec..."

Bon, c'est aujourd'hui, c'est à dire hier pour toi. Le Centre Culturel de l'Aérospatiale est un chantier à ciel ouvert. Seul, le bâtiment de la salle tient debout. " Il vous faire le tour par là-bas... ici c'est interdit de passer..." Les cagados sont dans les algécos, la billetterie campe sous son chapiteau, le bar est torpillé, c'est le oai chez Nougaro. Monsieur Gil fait ses cents pas, il se débat comme il peut, la vie n'est pas drôle, les bureaux sont à Colomiers et le monte-charge pour le matos est aussi out. Donc, pas de rencontre entre le public, c'est une drôle d'ambiance. La salle est pleine. L'Instit est là avec ses Maîtresses et ses mômes. Les CE 2 de Paul Dottin attendent le trombone de pied ferme. L'équipe de vidéastes est du voyage, il va y avoir de la matière à travaillé pour l'année. Bien vu monsieur le Directeur. Il donne des consignes, "s'il faut taper dans les mains... je vous ferais signe. Il y a des musiciens qui n'aiment pas ça... ils préfèrent être concentrés..." Le Géant de Luz est là, on peut y aller.

" Bienvenu pour cette heure de jazz... On a l'immense privilège d'accompagner ce soir le tromboniste Glenn Ferris..." On c'est Felip Léogé, Jean pierre Barreda, Vincent Calmettes, le trio qui rencontre cette année... Alors très vite on est drivé par ce diable de Ferris, grand métier, the, il prend les choses en main et en avant la musique. "Iston Bleus, une de mes compositions..." On démarre fort. Le rythme est calé et le son de Glenn se mesure à 180 . A "Key a blues", une autre de ses compos, le trio se positionne un peu plus au service, entretient la voie américKaine, clef de basse puis clef de songe avec réveil à la St Glennglin. Calmette met son chorus de drums, le cuivre relance, referme la porte et garde la clef. Suit "Boy Boy". Grand mélodiste dans ses compositions, Glenn Ferris nous embarque dans le style Comédie musicale, grand moment, avec force ils envoient le swing et la danse. Surf sur des éclairs latins, lo gascon es totjorn al servici. Suivra une balade à vélo, où Léogé se montrera un excellent grimpeur, avant de briller un còp de mai, avec ses deux complices, sur un thème de Roland Kirk dédié à Clifford Brown. "The Life" met en avant la "Grand-mère" à Barreda sur une mélodie déjà entendue chez Méthény. La grève, le fun board avec pépette en short moulant, la vie quoi... Ferris aime les grands espaces, jusqu'au dernier râle... On finit chez caraïbe, les mômes tapent des mains, la fièsta est lancée, il y a même un pichon qui danse. Bonne prestation. Glenn présente les musiciens, rappel avec un thème blues bien Chicago, là pas pareil. Felip se lache, la joie est partagée, rendez-vous demain (ce soir pour toi) avec les Belmondo fraires.

Bon, je laisse l'Aérospatiale à son chantier, fait pisser Rita et fonce sur Balma à la vitesse d'un Indénor 309. Comme d'hab, c'est le bordel à Matabiau et chez Riquet. Les affiches de la coupe du monde de rugby me ramènent à Marseille où l'OM affronte MU en Champion Leaga. Il tombe quelques gouttes, les feux se coordonnent quasiment tous au vert, au fond le clocher, Balma me voici. L'auditorium est une belle rotonde, il y fait un peu chaud, mais bon, on y est bien. Monsieur le Maire en est sorti enchanté de ce qu'il a entendu. Eurêka !
Sur la table du guichet, des piles de "onthe31@jazz.1998" descendent graduellement au fur et à mesure des entrées. Marion et Nicole sont en formes, Nimes fait ses derniers réglages, le Géant de Luz bien sûr, mais aussi son copain, venu exprès de St Sauveur pour ce concert. Glenn et Annick évidemment, nòstre amic lo potier, Pechfra et sa Dòna, Pasquale, Patrick fait le son. "Je suis fou des minidisques..."
Respiration continue comme sortir du vent dans ses cordes, puis c'est au violon de tenir le lien. L'alto Puschnig joue à la Wolfgang, corne de brume d'un port à voyager, pleine tenue en mer. Les tessitures se rejoignent puis chacun des deux se fait du bord à bord, bec et anche contre et avec cordes et archet.
Comme souvent avec ces Improvisacteurs, les repères, par bribes de folklores, viennent clignoter là sur l'océan. La voix du violon et la respiration du sax, cela force l'écoute. La flûte traversière vient de loin, un frotti d'archet rythme la mélopée et siffle. Echanges t cadun sèm torna... à la prochaine. "Hommage à vous". Sur une ritournelle toute simple ils construisent, free toute sur pièces courtes, balades pour romantiques, avec les quatre saisons, des pleins, des vides, des silences, des bruits, des frotteurs, des chocs, du vent, des airs, le blues, Vivaldi, des résonances... Et puis il y a ce bug, un problème de planche sous les pieds de Mark Feldman. Annick aussi. La voilà qui viens : "On ne peut pas faire quelque chose, ces planches le gène terriblement... Je ne sais pas, déplacer le micro...". Patrick la regarde, pas trop étonné, "il faut un menuisier...". Nous prenons au passage l'histoire Austro-Hongroise, le swing pas Téfal et jazz aux caves de NY... Belle Rencontre à Balma.

Gagné ! L'OM bat les champions d'Europe 1à 0, le champion du monde de pétanque est à côté du gascon, la table est belle, les frères Belmondo arrive de Paris, la famille vient de s'agrandir, le petit Mathieu est né il y a quatre jour. Allez vas y Léo, boulègue aussi les boudègues...

Jacme Gaudàs

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