Lundi 25 octobre 99.

LAZAREVICH/LÉOGÉ/ALLOUCHE - "Une heure avec..." © François CanardC'est pleine lune. Dans les loges de la salle Nougaro Léo met son habit de Gipsy et mime the King pour le plus grand bonheur des fotògrafes. Sont dans la place Canard, Lorenzo et Laborde. Ce soir un trio original, de cir-constance. Philippe Léogé invite son pôte Serge Lazarévitch, guitariste allant et Joël Allouche, batteur percussionniste des plus raffinés et de haut vol.

Cet après-midi je me suis fait le premier quart de finale de la Coupe du monde de rugby. Les Australiens sont donc les premiers qualifiés pour les demis. Lo drac of Wales n'a pas craché son feu. 27 à 9 à l'arrivée. Bon, cela dit, ils sont très prenables ces Wallabies.

Le public arrive. Nombreux et jeunes. Un père et ses deux mômes sont sur la scène, ap-proche et découverte des instruments en grandeur nature. Les voici. "Bonsoir ! Dernière séance de une heure avec... Ce soir j'ai invité deux très grands musiciens français. Ensemble nous allons rendre un hommage à deux grands compositeurs qui ont fait que le jazz n'est plus tout à fait le même depuis, Thélonious Monk et Ornette Coleman."

Bâton de pluie, note électrique, réponse au piano. Il ne leur faut pas trop de temps pour se trouver, très vite les complices le sont et voilà qu'une élipse musicale autour de Monk fait sa ronde voyageuse en apesanteur... La liberté d'improviser est totale et ils ne s'en privent pas. La poésie monkienne tisse son épure, étire, effile, rythme... La preuve par Monk que la transformation est de mise et à l'infinie. Ornette et sans bavure, les deux pionniers ont encore l'avance dans la structure de la démesure et Allouche à la caisse claire en appelle aux fanfares... Reprise à la volée, notes croisées entre Léogé et Lazarévitch, les anges sourient, la tension monte, le vide sensible sépare le trop plein de notes, et ils nous emportent dans la stratosphère musicale avec sourdine au piano et guitare très aiguë et frappée. C'est bien et dérangeant, d'ailleurs une double palanquée de novices quitte la salle, c'est bon signe pour la vie du jazz. Lazarévitch a repris les commandes du trio, re-Monk pour l'atterrissage en douceur. Superbe rencontre, trois jaz-zonotes nous ont faits voyager dans le bonheur. Ce trio, quand ils veulent !

Bon, c'est déjà plus de huit heures et nos cal anar à Castanet, chez le Président où se prépare une autre rencontre autour du bassiste top du moment, Etienne MBappé. (As-tu remarqué que la mode des bassistes est cyclique...). Lui est aujourd'hui presque canonisé par une frange d'amateurs de mu-sique FM, c'est délirant, presque indécent pour les autres. Bon puisque c'est comme ça, why not ? La salle de concert de Castanet est une polyvalente. Il y a du monde pour l'écoute. En avant la musique ! C'est le quartet de Jean Christophe Maillard, guitariste guadeloupéen qui ouvre les festivités avec ses complices Philippe Makaä et Claude Kïavue, Ka, percussions et voix, et pour ce soir, l'incontournable Etienne big basse et ses gants noirs. Les grands Ka tambour-dinent la cérémonie, Maillard met de l'hispanike dans ses cordes sensibles et canta en langa créole, n'en déplaise aux souverainistes de tous bords. "C'est ça les rosiers...". Tranquilles, ils font chanter toute la salle, nous parlent de leur pays. "Notre musique, normalement il n'y a pas de basse, pas de guitare, seulement des percussions et des voix, il n'y a même pas de public..." T'as raison, enlève la basse ! Pour finir leur prestation, ils nous balancent une chanson de Guy Conquet, un très grand musicien guadeloupéen et pour être complet avec leur folklore, ils se lancent dans un chant de circonstances pour les veillées mortuaires. "Tous à vos cercueils..." Les gros KA en-voient le rythme de l'appel à la transe, vaqui le vaudou au bout du chemin, MBappé met son gros son de basse. Un beau groupe folklorique est passé par Cas-tanet. Je ne suis pas sûr que tout le monde s'en soit rendu compte. Tampis pour eux !

Entracte. Pas de bar à Castanet. La suite est écrite et jouée d'avance. Chic Hot a le vent en poupe dans les bacs à FNAC, Etienne Mbappé brille au stop 50 des bassistes et ce n'est que justice car il joue à donf. Laurent est sous le charme, comme tant d'autres. Avec l'homme aux gants noirs, on peu apprécier le virtuose pianiste Mario Canonge, l'ex-cellent batteur Roger Biwandu et le magnifique altiste et flûtiste Bobby Rangel. L'ensemble donne de quoi méditer sur la musique showbiz. Ouverture classique avec le son FM vendu avec les travelers carte postale, the sea bleue émeraude et cocotier à secouer. Au passage un clin d'&brkbar;il à John Coltrane, avec un grand numéro de Bobby l'Américain, et la soirée continue. Personne ne sera déçu, c'est bien cela qui me chagrine. Qu'est-ce que ça aurait été si la salle avait sonnée ? Je n'ose même pas y penser.

Chez Aline, les ions de la pleine lune ont des effets zarbis sur Pascal. Speed, soupe au potiron, coq au Fronton, gâteau au chocolat et foudre sur les clients. Le guronsan parlons en... Allez, on se tire. Dans quelques heures cap sur Montpellier pour affaires.

Hier c'était dimanche, la dernière semaine on the 31 est sur le gaz. Trilok Gurtu, Olu Dara, Chick Coréa, Femi Kuti et jeudi soir, tous à Saint Gaud pour la Création de Denis Badault, "Si c'est so dingue..." avec autour de lui, l'avant garde Music'Halle de la scène toulousaine qui ne s'endort pas sur ses lauriers, Eric Palhé, Marc Demereau, Fabrice Charles, Pascal Pourré, Olivier Sans, Fabien Duscombs, ren-forcée par Elise Caron, Stéphane Marchési, François Merville. Quelle équipe !
Jacme Gaudàs

Lumière - © François Canard
 Et la lumière...
...fuse 



Fotòs : Lazarevich/Léogé/Allouche " Une heure avec..."
            © François Canard
           

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