Mercredi 27 octobre 99.

OLU DARA - © François CanardHEUREUX RICKAINS.

Brassens trône au-dessus de la porte d'accès à la salle. Géant de Luz fait son retour sur le circuit on the 31 et le tuya touche le plafond. La dame de derrière le bar nous offre nos cafés. Joya Deva de Bièla Bi et Ravi Chary musiciens de Trilok Gurtu sont restés pour le concert d'Olu Dara.

Trilok Gurtu dîne en ville amb Tonton Salut et Gert Killiam, entre percus. La sono de JLC distille le blues en fond sonore, les filles de Jazz'velanet sont à la distribution des programmes, ça commence le 10 novembre et il y a une sacrée programmation. Gary Peacock et Marilyn Crispell, David S. Ware quartet, Tony Coe and co, le duo David Murray et Andrew Hill, Barre Philips, John Surman, Jean Pierre Drouet et au final, les cousins du Nordeste, Hermeto Pascoal e grupo.

Vous l'avez compris, nous sommes à Aucamville et une sacrée soirée se prépare. Tous les ingrédients sont réunis et ça l'a fait, comme dirait François. "Bonsoir messieurs et mes-dames..." Je vois que David B. est dans la place, bon ce Olu Dara band ouvre par du folklore bien évidemment, comment peut-il en être autrement ?

Tranquilles comme baptiste ils nous chaloupent la zique à danser, c'est un véritable orchestre de bal et lui a une tchache terrible. Olu Dara. Pour les non initiés, sachez que sa trajectoire est des plus classique. Venu au monde au coeur du delta du Mississippi, il a fait son parcours de combattant du jazz chez les classiques du bop avant de se frotter avec David Murray, Sam Rivers, Brian Eno, Taj Mahal, Doc Bowie et d'autres allumés de l'improvisation. Ce soir il est là pour nous faire connaître l'emplacement de la source de cette musique qui fait que les festivals de jazz ont leur raison d'être. © François CanardLe blues, le vrai, roots, noir, les pieds dans l'eau et la tête dans les étoiles. Le bal à Aucamville, avec un slow idéal pour emballer, c'est mieux qu'à la télé dans la croisière s'amuse, c'est du cousu main, du plus que parfait. Olu Dara c'est une voix. C'est aussi un sacré ins-trumentiste, son cornet sonne à la Rio Bravo avec en moins John Wayne, James Steward et les brigants. Allez, un coup de machine à fumée. La brume se lève sur le Bayou, l'harmonica fait siffler la machine à vapeur et les éclisses des traverses laissent rouler les wagons. Ainsi va son train blues, "Hey Baby... coment...", Kwatei Jones Quartey, complice de la même classe lâche les sons de sa gratte et c'est bon. Et l'histoire continue son voyage, musique populaire, de variété, bien en place, bien ficelée avec un métier à tisser grand comme ça. Why les chaises, danse man ! Sentibluesman cornet est sur les rails. Et ce n'est pas fini. Vous ne croyez pas vous en tirer comme ça ! Olu prend sa guitare, le plouc ressort en lui avec un blues des familles, celui que lui chantait son grand-père, le vieux Joe, ouvrier agricole dans la plantation de coton des Ohara. Toute l'histoire de la musique noire américaine est là sous nous yeux. Louisville à Aucamville City, Mississippi sur Garona, à cadun ses rondos et autres bourrées. Tiens, voilà le funk qui ramène sa syncope, Daniel Antoine es al cèl, Olu pose la chorégraphie, les précurseurs du smurf des champs signe sa marque.

Coster Massamba rebelotte les congas, Olu tombe le gilet, cornet on the beat, rythmique tipique, test sur le public... La sourdine distille le son de lever du jour sur le delta amb le grand Louis en balise Amstrong pour une balade revendicatrice qui se finit chez reggae primaire d'avant le grand Bob. Toujours la famille. C'est le bonheur dins los cap d'aqui, l'orchestre hisse le spi, Larry Johnson tourne la biguine, Alonzo Gardner l'accompagne à la basse, les chaises sont zappées, la danse prend le pas , Olu descend de scène, distribue des coups de cornet à qui veut bien bouger et le bal est total. Emilie franchit le faux pas du doute et monte sur scène. Toutes générations confondues boulèguent sur le carreau. Pour éviter toute équivoque sur le folklore, le père Olu envoie un chorus de cazou, nous sommes bien en version originale. Heureux rickains !

Jacme Gaudàs

Fotòs : OLU DARA
            © François Canard

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