Samedi 23 octobre 99.

Bill Stewart à Nougarou  © François CanardCe matin ce fût dur pour tout le monde, les après Bikini ... Bon, on amène Monique à La Table d'Aline. Une semaine de festival s'achève et quoi qu'on en dise on a encore des réserves. Certes, la sanction contre Califano est excessive, le Stade est pénalisé mais on avance encore. Papon s'est fait reprendre par l'histoire, ça fait du bien à la France. Glace pruneaux armanhac, café et vite on va boucler la newsletters. Ce matin fût dur pour tout le monde, les après Bikini... A 15 h avec François on est à l'hôpital La Grave, section école des Sages femmes, préparation à la naissance. Là, une trentaine de mômes, accueillis en psychiatrie enfantine voyagent sur la piste du Professeur Albanis. Ici pas de fauteuils, à même le sol, ils sont dans ce train que folklore les musiques du monde. Le Professeur est aussi un grand magicien, les grillons en fond sonore, le ronflement de son sommeil... Par le truchement de son imagination, marionnettes au bout des doigts, les jaunes et les rouges tentent de s'entendre, encore un rêve... Et le train tortille encore. La pluie fait ses claquettes, le ciel a mis son manteau de gris. Ok, nous les laissons dans leur voyage et glisse dans le mien. C'est si bon la sieste !

19 h. La pluèja. L'urgence d'un bar dans la configuration du nouveau Centre Culturel de l'Aérospatiale est à l'ordre de la discussion. Comment voulez-vous faire de la convivialité sans bar ? Ils sont bargeots ces teutons ! En attendant, le chantier sous la pluie ce n'est pas l'idéal mais ils en ont vu d'autres. Dans la pièce technique, qui sert aussi de catering, un petit peu de foie gras amb un Sirah primeur et quelques dauphines en patates ça fait du bien. Café ! Gilbert, Canard, Granger, ELLE, la bande à Lassus... La Belette et le Président se souviennent de l'époque où sur un terrain de rugby, pas pareil ! "Mais c'est qu'il était con le gonze ! " Lo président es d'accordi, sur le terrain, Diebol ne faisait pas de cadeau... Avec le temps, il n'a pas changé !

La newsletter restitue de bonnes fotòs. "Depuis que Patricia nous a bousté... ça va mieux." Bon, la salle se remplit doucement. David B. est dans la place, ce soir on est hot, au moins pour la première partie.

Robin Laurent frappe l'attaque. François Verly à l'adufe swingue le swing, Manuel Rochman maîtrise le piano, on entre de plein pied dans le jazz lyrique de Sylvain Beuf. Duel percu-drums pour une lecture de leur dernier CD "La danse des Internautes". Rien à redire, ça joue bien. Sylvain nous explique que l' "Espéranto", thème suivant, est une issue linguistique universelle. Que nani ! L'espéranto est tout sauf une langue, à la limite un langage, une prothèse... Quand à son universalité... elle passe par la Ouest-coast amb the beach and sea and dollars à gogo. Sax ténor en première ligne. Limpide au clavier, Rochman et le quartet prennent leur quart et vogue le navire, à toi Wallemme, pousse je passe.

Suit "Antipodes". Bon des fois que nous soyons un peu retardés mentaux, il nous explique ce que ce mot veut dire. Ils sont tarés ces parisiens ! En fait on en revient toujours à la même histoire, les jazzeux frenchys se sentent toujours obligés d'expliquer ce qu'ils jouent. Seraient-ils complexés ? Je le crois ! Pourtant leur musique est bonne même si elle est world paradise. Oc les mecs, les Indiens attaquent quand ? Suit une balade avec une superbe entrée de Manuel Rochman au piano, relayée par le soprano de Beuf. "Acte 3 Scène 2". C'est propre, bien soigné, pas de débordement, la norme. Jazz or not to jazz et gazouillent les petits soisseaux. Ils sont gentils ! Putain, je préfère quand c'est crade, quand il y a des risques, dis man, c'est où l'Américke ? Entracte. C'est là que le bar est INDISPENSABLE ! La Belette est à fond, Emilie aussi. ELLE n'en parlons pas!

Les roads s'affairent pour le changement de plateau, on peut y aller. Duo, duel piano batterie entre et avec Bill Carrothers et Bill Stewart. Là où certains jouent en pantoufle, Carrother se le fait en chaussettes. Bill and Bill et les standards revisités, transformés, l'histoire se pose, à qui veut sa ronde en minimal. Amb lo swing ça va mieux, amplitude des deux côtés de l'instrument, métamorphose des rêves, prises de risques de déplaire auprès des puristes même si cela ne les laissent pas insensibles. Ouf ! Le jazz n'est pas une chasse gardée, on peut encore tirer à vue. Un sacré concert est en route, dommage qu'il me faille partir. L'heure tourne, j'ai une newsletter à vous taper et l'estomac appelle Aline...

A la Table, Catherine, la manageuse du Beuf Quintet les isole de toutes conversations qui pourraient leur apporter des précisions quand aux bêtises dites sur scène entre chaque morceau. La Belette veut nous embarquer à Port Leucate pour le week-end, comme si nous n'avions pas un festival à poursuivre ! Ben, lauréat fotògrafe nous présente son travail sur la réalité que l'on nous cache, la misère dans la rue. Lorenzo me lance un défi que je relève. La poésie de Parrant est sur la table les Yeux clignent des Yeux ...

Jacme Gaudàs

Fotò : Bill Stewart à Nougaro
             © François Canard

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