Jeudi 28 octobre 99.

CHICK COREA - © François CanardLes Hôtesses sont en noir et blanc.

"Le Schowbizz" et son torride patron, une piste à ouvrir... Je me crénaute la bagnole devant "Le Stradivarius" et me prépare à souffrir. Physiquement ça va, un stère et demi de chêne séché, coupé à 60, manipulé en une demi-heure maintien l'action. L'hiver pòt venir i aura de fòc dins la cheminèia. Cet après midi, j'ai assisté à la réunion de l'as-sociation des Maires occitanistes de France. De bons républicains, de parfaits démocrates, plus de deux cents villes sont adhérentes, Nîmes, Cahors, Valoris, Tou-louse, Vabre l'Abbaye, Béziers ...

L'ora vira, les coréaniens arrivent à la Halle. Les hôtesses sont en noir et blanc, je repère l'animateur de radio Mon Païs, Flash sur Christian Bonrepos, le Scouarnec et lo senher Vignaux. Dehors un saxophoniste américain, bien évidemment, joue son blues sur la place publique. Donc ce soir c'est l'Américke et la tromboniste Sarah Morrow et ses collègues attaquent d'entrée de jeu "Night in Tunisia". A la console Jean Jacques stoïque comme à son habitude se bagarre avec le batteur, il doit croire qu'on ne l'entend pas, alors il envoie comme un malade. Sarah la fée du trombone donne chez be bop avec des gaillards derrière. Swing tout de suite. Boudu con, je vais pouvoir récupérer, avec Sarah j'adhère à la siestologie... Chacun sert son chorus pour to Morrow, ça sonne orchestre, le piano se barre en calypso, je te dis pas les marracas. Solide bassiste... et vas y que je vous roule, houle, halle, ils jouent placé. Bon, la jolie Sarah entre dans la danse avec sa jeunesse, des promesses... Son ténor prend le relais, respirer, mano à mano et free cassée sur le sable. Alors en voilà du geazz. Je suis sûr qu'Arthur... Quoi, il n'est pas là ? Le bassiste de Boston à des doigts en béton force 100 et sa grand-mère chante au fond du bois. Une balade on the biche, ici c'est bien pour écrire pendant les concerts, la luz est ambiante.

Entracte. Pas de bar sous la halle. Denis Campini dans le couloir et sur le carreau extérieur un quidam particulier propose de faire signer des pétitions pour le retour de FIP. Je lui explique que je ne la signerai pas. Ok pour FIT, mas un còp de mai le centralisme sévit et veut faire subir son choix musical, nous installer des ex hôtesses de l'air en guise de voix suaves pour nous expliquer qu'un embouteillage nous attend rue Alsace... Non ! Pauvre Moove, la décentralisation ne se décrète pas. Oui à Radio Toulouse, il existe bien Paris Inter !

Bon et Coréa ? Putain il a pris un paquet de kilos en plus. S'il bossait chez Michelin il serait en grève. Il est là avec une équipe de jeunes adeptes du jazz, adorateur de sa personne. Le Chick du moment est des plus classiques. Un trio de cuivre, saxes, cla-rinette basse, trombone, avec comme grain à moudre, du blé, de l'avoine... Je glisse une newsletter dans la fente du plancher, Plasson n'a pas voulu céder ses loges, alors tous aux populaires. Chacun des mu-siciens tape son chorus dans les règles de l'art. Coréa nous laisse entendre qu'il est pianiste, et là pas pareil, mais bon... ça m'ensuque très vite alors je file chez Aline où la bande à Sarah se régale d'une bonne poule. La suite ne vaut même pas le coup d'être dite, c'est la fin du festival, les traits sont tirés, les heures de sommeil retardent, ce soir c'est à Saint Gaudens que j'en finis. "Et si c'était...". Va verèm vé !

Jacme Gaudàs

Fotò : CHICK CORÉA
          © François Canard

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